DÉCORATION DE LA FIDÉLITÉ

 

 

- 5 février 1816 -

 

 

 

 

HISTORIQUE & MODALITÉS D’ATTRIBUTION

 

 

La Décoration de la Fidélité fut créée par ordonnance royale du Roi Louis XVIII, le 5 février 1816, en remplacement de la Décoration du Lys précédemment attribuée au profit de la garde nationale de Paris.
Elle n’était pas, à proprement parlé, une nouvelle décoration, mais plutôt une version particulière de la Décoration du Lys.
Dans son article 5, l’ordonnance du 5 février 1816 précisait : « Pour récompenser d’une manière particulière ceux de nos fidèles sujets qui, dans la Garde nationale, auront montré le plus de zèle pour le service, ou donné des preuves signalées de dévouement, nous nous réservons de leur accorder le droit de porter ladite décoration en or, sur la demande qui nous en sera faite par notre bien-aimé frère ( le comte d’Artois ), et sur proposition du commandant en chef de ladite garde ( le maréchal Nicolas Charles Oudinot ) ; mais nul ne pourra l’obtenir sans avoir porté pendant un an, au moins, la nouvelle décoration en argent. »

Il semble que cette Décoration de la Fidélité en or, ait été très peu décernée.
La Décoration de la Fidélité fut à tort et à l’image de la Décoration du Lys, souvent appelée Ordre de la Fidélité.
Pourtant, force est de constater que tous les textes officiels font mention de « décoration » et non d’ « Ordre ».
Il n’y avait ni Grand maître, ni chancellerie spécifique ; malgré cela, aujourd’hui encore, nombreux sont les ouvrages et les catalogues spécialisés dans les décorations, qui la dénomment « Ordre de la Fidélité ».

L’on doit cette appellation à des monarchistes, qui voulurent de ce fait, rehausser le prestige de cette décoration, qui était remise après avoir prêté le serment suivant : « Je jure, devant Dieu, fidélité et dévouement au Roi, je jure défendre ses droits et ceux de ses successeurs légitimes à la couronne et de révéler à l’instant tout ce qui viendrait à ma connaissance de contraire à la sûreté de la famille royale ou à la tranquillité de l’État. »
La décoration était remise accompagnée d’un superbe brevet sur parchemin, de 40 x 50 mm, signé de Charles-Philippe, comte d’Artois, du maréchal Oudinot, commandant en chef de la garde nationale de Paris, du duc de Clermont-Tonnerre, président du conseil des brevets et récompenses, et enfin de Deurbronne, secrétaire du conseil. Ce brevet était habituellement remis à chaque titulaire lors d’une prise d’armes de sa légion, mais parfois expédié par courrier, dans le cas des gardes n’étant plus présents à la garde nationale de Paris.
Sous Louis-Philippe, l’ordonnance du 10 février 1831, officialisera la disparition de la Décoration de la Fidélité.

 

 

 

BÉNÉFICIAIRES

 

 

La Décoration de la Fidélité récompensait, uniquement, les troupes de la garde nationale Parisienne.

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES

 

 

RUBAN

 

 

Trois bandes d’égale largeur : une bleu roi, une blanche et une bleu roi.

 

 

INSIGNE

 

 

Étoile, en argent ou en or, à cinq branches pommetées, émaillées de blanc, avec au centre un médaillon.
Une couronne royale surmontant l’étoile, était rattachée à celle-ci par une fleur de lys.

Sur l’avers    : l’effigie en or, du Roi Louis XVIII, placée sur fond d’émail blanc ou bleu, était entourée
                      par la devise  FIDELITE – DEVOUEMENT  inscrite en lettres dorées sur fond d’émail bleu.

Sur le revers : une fleur de lys d’argent sur fond doré, était entourée par les dates, inscrites sur fond d’émail bleu,
                      12  AVRIL – 3  MAI  1814 , 19  MARS – 3  JUILLET  1815.

Remarque : l’on peut constater une similitude d’aspect avec l’insigne de l’Ordre des Deux Siciles, institué le 22 février 1808, par le roi de Naples et des deux Siciles, Joseph Bonaparte, un des frères de l’Empereur Napoléon Ier.

 

 

 


 

 

 

TEXTES OFFICIELS

( Liste non exhaustive )

Source :
Bibliothèque nationale de France

 

 

ORDONNANCE du Roi du 5 février 1816
concernant la nouvelle décoration spécialement et exclusivement
affectée à la garde nationale de Paris, et remplaçant la fleur-de-lis
qui lui avait été accordée par l'ordonnance du 5 août 1814

Source : Collection complète des Lois, Décrets, Ordonnances, Réglemens, Avis du Conseil-d'Etat - Tome 20 - Page 207

 

 

Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre ;
Touché des marques de fidélité et de dévouement qui nous ont été données par la garde nationale de notre bonne ville de Paris, et voulant, par un témoignage éclatant de notre satisfaction, perpétuer le souvenir de ces bons et loyaux services ; de l'avis de notre bien-aimé frère Monsieur, comte d'Artois, colonel-général des gardes nationales du royaume,

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1er. — La fleur-de-lis affectée à la garde nationale de notre bonne ville de Paris par notre ordonnance du 5 août 1814 sera remplacée par une décoration d'argent, émaillée en blanc et bleu, portant d'un côté notre effigie, et pour exergue ces mots : Fidélité, Dévouement ; de l'autre, la fleur-de-lis, et en exergue, les dates 12 avril et 3 mai 1814, 19 mars et 8 juillet 1815. Le ruban auquel cette décoration sera suspendue restera bleu et blanc ; mais chaque liseré bleu sera d'une largeur égale au tiers de celle du ruban, le tout conforme aux modèles joints à la présente ordonnance.

Art. 2. — Ceux de nos fidèles sujets qui ont obtenu le brevet constatant le droit de porter la décoration du lis affectée à la garde nationale de Paris, ou ceux qui, sans avoir encore ce brevet, ont les qualités requises pour en faire la demande, seront seuls susceptibles d'obtenir, en ce moment, l'autorisation de porter la nouvelle décoration que nous instituons pour la garde nationale de Paris, s'ils justifient :
1° Qu'ils sont porteurs dudit brevet, ou qu'ils sont dans le cas d'en faire la demande ;
2° Qu'ils ont l'uniforme, l'armement et l'équipement complets et en bon état ;
3° Qu'ils font leur service avec exactitude.

Art. 3. — Le droit de porter ladite décoration se perdra par la radiation des contrôles dûment prononcée pour fait tendant à compromettre l'honneur de la garde nationale.

Art. 4. — A l'avenir, ceux de nos sujets qui ne font point encore partie de la garde nationale de Paris ne seront susceptibles d'obtenir le droit de porter la nouvelle décoration qu'après deux années, au moins, d'un service exact et sans reproche dans ladite garde.

Art. 5. — Pour récompenser d'une manière particulière ceux de nos fidèles sujets qui, dans la garde nationale, auront montré le plus de zèle pour le service, ou donné des preuves signalées de dévouement, nous nous réservons de leur accorder le droit de porter ladite décoration en or, sur la demande qui nous en sera faite par notre bien-aimé frère, et sur la proposition du commandant en chef de ladite garde ; mais nul ne pourra l'obtenir sans avoir porté pendant un an, au moins, la nouvelle décoration en argent.

Art. 6. — Les décoration et ruban spécifiés dans les articles précédens sont et demeurent spécialement et exclusivement affectés à la garde nationale de notre bonne ville de Paris.
Défenses sont faites à toutes personnes étrangères à ladite garde de prendre et porter lesdits ruban et décoration, sous les peines prononcées par les lois contre ceux qui prennent une décoration qu'ils n'ont pas le droit de porter.
Pareilles défenses sont faites, sous les mêmes peines, aux gardes nationaux qui n'auraient point obtenu l'autorisation de porter lesdits ruban et décoration, ou qui se trouveraient dans le cas prévu par l'article 3 de la présente ordonnance.

Art. 7. — Les brevets pour la nouvelle décoration seront délivrés sur la proposition du commandant en chef de la garde nationale, par notre bien-aimé frère, en suivant les formes qu'il aura déterminée ; mais les brevets déjà délivrés en exécution de notre ordonnance du 5 août 1814 pourront en tenir lieu, lorsqu'ils auront été révisés par le conseil général des brevets et récompenses, et revêtus, par notre bien-aimé frère, de l'autorisation expresse de porter ladite décoration.

 

 

 


 

 

 

ORDONNANCE du Roi du 28 avril 1816
contenant la formule du serment à prêter
par tout membre de la garde nationale de Paris qui sera reconnu susceptible
d'obtenir la décoration instituée par l'ordonnance du 5 février dernier

Source : Collection complète des Lois, Décrets, Ordonnances, Réglemens, Avis du Conseil-d'Etat - Tome 20 - Page 273

 

 

Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre ;
En reconnaissance des services qui nous ont été rendus par la garde nationale de notre bonne ville de Paris, et pour en perpétuer le souvenir, nous avons accordé à ceux de ses membres qui se sont toujours distingués par leur dévouement à notre personne et leur exactitude dans le service, le droit de remplacer la décoration du lis par une décoration particulière ; considérant que plus cette décoration recevra d'éclat, et plus ceux de nos fidèles sujets qui l'auront mérité y attacheront de prix.
De l'avis de notre bien-aimé frère Monsieur, colonel général des gardes nationales du royaume,
Et après avoir entendu notre ministre secrétaire d'Etat au département de l'intérieur,

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1er. — Tout membre de la garde nationale de Paris qui, aux termes de notre ordonnance du 5 février dernier, aura été reconnu susceptible d'obtenir la décoration que nous avons institué par ladite ordonnance, prêtera un serment conçu en ces termes :
« Je jure devant Dieu fidélité et dévouement au Roi ; je jure défendre ses droits et ceux de ses successeurs légitimes à la couronne, et de révéler à l'instant tout ce qui viendrait à ma connaissance de contraire à la sûreté de la famille royale ou à la tranquillité de l'Etat. »

Art. 2. — Notre bien-aimé frère Monsieur, colonel des gardes nationales du royaume, déterminera le mode suivant lequel le serment sera prêté par chacune des personnes qui recevront la décoration.

 

 

 


 

 

 

N° 1344 - ORDONNANCE du Roi du 10 février 1831
portant abrogation de celles qui ont créé des décorations
à l'occasion ou à la suite des événemens de 1814 et de 1815

Bulletin des Lois - 1831 - 2e partie - n° 53 - Page 249

 

 

Paris, le 10 février 1831.

Louis-Philippe, Roi des Français, à tous présens et à venir, Salut.

Sur le rapport de notre garde des sceaux, ministre secrétaire d'état au département de la justice ;
Notre Conseil entendu,

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1er. — Toutes ordonnances portant création de décorations établies à l'occasion ou à la suite des événemens de 1814 et de 1815 sont et demeurent abrogées.

Art. 2. — Toutes autorisations collectives ou individuelles de porter des décorations de cette nature sont révoquées.

Art. 3. — Toutes personnes qui, après la publication de la présente ordonnance, continueraient de porter ces décorations, seront poursuivies conformément aux lois.

Art. 4. — Notre garde des sceaux, ministre secrétaire d'état au département de la justice, est chargé de l'exécution de la présente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des lois.

Louis-Philippe.

Par le Roi :
Le garde des sceaux, ministre secrétaire d'état au département de la justice, Mérilhou.

 

 

 

 

 


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