MÉDAILLE DE LA GARDE INDIGÈNE
DE L'INDOCHINE

 

 

- 15 juin 1929 -

 

 

 

HISTORIQUE

 

 

Le 6 août 1886, Paul Bert, nommé en janvier 1886 gouverneur civil de l'Annam et du Tonkin, signait un arrêté portant création d'un corps d'infanterie indigène destiné à assurer, sous les ordres des résidents français et des autorités indigènes, le maintien de l'ordre et de la sécurité dans le pays. Le 21 juillet 1890, une médaille du mérite était créée pour récompenser les personnels de ce corps d'infanterie indigène. Mais cette première décoration n'aura finalement qu'une brève existence puisqu'elle sera supprimée dès 1er mai 1891.
Ce fut également par un arrêté, en date du 15 juin 1929, que le Gouverneur général de l'Indochine française créait une médaille d'honneur, destinée à récompenser les services et actions d'éclat des personnels indigènes et européens de cette Garde indigène locale. Cette décoration coloniale, appelée médaille de la Garde indigène de l'Indochine, fut attribuée dans un premier temps à 680 titulaires, dont 80 étaient d'origine européenne. Puis, c'est dans la mesure des extinctions ou des radiations que les attributions se firent, afin de ne pas dépasser le contingent initialement prévu. Les titulaires recevaient gratuitement diplôme et médaille, ainsi qu'une allocation annuelle d'un montant de 10 piastres pour les indigènes et de 100 francs pour les européens. En cas de faute grave, l'autorisation du port de la médaille pouvait être suspendue ou retirée par décision du Gouverneur général.
C'est au graveur-ciseleur René Mercier ( 1886 - 1974 ), diplômé de l’École Boulle et résident en Indochine, à qui sera confié la réalisation de la gravure.

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES

 

 

RUBAN

 

 

Largeur de 37 mm.
Bleu avec, de chaque côté, un liseré jaune de 6 mm.

 

 

INSIGNE

 

 

Médaille de forme carrée, en argent, du module de 27 mm.
Gravure de René Mercier.

Sur l’avers    : la tête de la République casquée, bordée latéralement par l'inscription  INDOCHINE  FRANCAISE.

Sur le revers : l’inscription, en exergue,  GARDE  INDIGENE  avec, partant d'une grenade emflammée, une couronne de feuillage encadrant la devise  HONNEUR  ET  PATRIE.

Il existe des variantes du revers, se différenciant du modèle originel par les inscriptions suivantes :  GARDE  CIVIQUE  ou  GARDE  INDOCHINOISE 

 

 


 

 

 

TEXTE OFFICIEL

 

 

ARRÊTÉ du 15 juin 1929 du Gouverneur général de l'Indochine
( extrait )

 

 

Art. 1er. — Les fonctionnaires européens, gradés et gardes indigènes en activité de service du Corps de la Garde indigène de l'Indochine, peuvent obtenir une médaille d'honneur en argent, dans les conditions suivantes :
1° – s'il comptent 15 ans de services irréprochables ( services militaires non compris ) dont 10 ans dans le service de la Garde indigène de l'Indochine ;
2° – s'ils se sont fait remarqué par une action d'éclat en service commandé.

Art. 2. — Les médailles sont décernées par le Gouverneur général, sur la proposition des chefs d'administration locale

Art. 3. — Il pourra être accordé au maximum 680 médailles, dont 80 au personnel européen et 600 au personnel indigène.
Lorsque ces chiffres seront atteints, il ne pourra être attribué de médailles que dans la mesure des extinctions ou des radiations.

Art. 4. — La médaille est du module de 27 millimètres portant du coté face la tête de la République, avec, en exergue, les mots « Indochine Française », sur le revers, en exergue, l'inscription « Garde Indigène » et au centre, une couronne de feuillage encadrant la devise « Honneur et Patrie ».

Art. 5. — Les titulaires de la médaille sont autorisés à la porter suspendue à un double ruban en soie de 37 m/m de largeur ; de fond bleu, avec lisières jaunes de 6 m/m.
Ils pourront également porter à la boutonnière gauche du col de leur vêtement, un ruban de même couleur.

Art. 6. — En cas de faute grave, l'autorisation du port de la médaille peut être suspendue ou retirée par décision du Gouverneur général.

Art. 7. — Le titulaire de la médaille reçoit gratuitement le diplôme et la médaille avec son ruban.

Art. 8. — L'attribution de la médaille donne droit à une allocation annuelle de 100 francs pour les agents européens et de 10 piastres pour les agents indigènes, qui est payée, leur vie durant, aux titulaires, le 1er janvier de chaque année et à terme échu. Le paiement de l'allocation cessera au décès du titulaire de la médaille et dans les cas de suspension ou de radiation déterminée à l'article 6 ci-dessus.
Cette allocation est supportée par le budget du pays où sert l'intéressé et, quand celui-ci est en retraite ou démissionnaire, par le budget du pays où il a cessé ses fonctions.
Les conditions dans lesquelles le paiement de cette allocation sera effectué aux titulaires, en activité ou en retraite, seront fixées dans chaque pays de l'Union par décision du chef de l'administration locale.

 

 

 

 

 


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