ORDRE DES TROIS TOISONS D’OR

 

 

- 15 août 1809 -

 

 

 

HISTORIQUE

 

 

Il serait incongru d’évoquer l’Ordre napoléonien des Trois Toisons d’Or sans avoir brièvement rappelé ce que fut le prestigieux Ordre de la Toison d’Or.

 

 

ORDRE DE LA TOISON D’OR

 

 

 

Philippe III le Bon

 

Vers la fin du moyen âge, le 10 janvier 1430, Philippe III le Bon, duc de Bourgogne fondait à Bruges ( Flandre ), l’Ordre de la Toison d’Or, dont la devise « Pretium laborum non vile », est traduisible en « Noble prix des travaux ». L’Ordre fut créé en l’honneur de la Vierge Marie et de Saint-André, à l’occasion du mariage du duc avec l’infante Isabelle de Portugal.
Lorsqu’en 1477, la fille unique de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne, épousera l’archiduc Maximilien 1er de Habsbourg, ce dernier héritera de l’Ordre, qui dès lors appartiendra à la Maison d’Autriche. Mais, quand en 1556, l’Empereur Charles Quint abdiquera, la Maison d’Autriche se scindant alors en deux branches régnantes, l’une en Espagne et l’autre en Autriche, l’Ordre reviendra à la couronne d’Espagne. En 1700, avec la mort du Roi Charles II, le dernier descendant des Habsbourg d’Espagne, l’Ordre de la Toison d’Or sera lui même scindé en deux branches. Si les Bourbon, nouveaux monarques d’Espagne, conservèrent l’Ordre ; les Habsbourg d’Autriche en reprirent aussi la maîtrise en 1712.
Les deux branches de l’Ordre de la Toison d’Or sont aujourd’hui chacune administrées par un Conseil de l’Ordre, présidé par un Grand maître et composé de quatre Grands officiers. Le Grand maître de la branche espagnole est, depuis 1979, le Roi Juan Carlos ; l’archiduc Otto de Habsbourg étant quant à lui le Grand maître de la branche autrichienne. Les Espagnols ont fait de l’Ordre de la Toison d’Or, depuis 1847, un Ordre royal à caractère civil, alors que les Autrichiens lui ont gardé son caractère religieux et aristocratique originel.

 

 

ORDRE IMPÉRIAL DES TROIS TOISONS D’OR

 

 

Sous l’Empire, après la prise en 1808 de Madrid, siège de Ordre de la Toison d’Or espagnole, puis l’année suivante de Vienne, siège de Ordre de la Toison d’Or autrichienne, l’Empereur Napoléon 1er décidait la création d’un Ordre impérial militaire, à l’insigne comportant trois toisons d’or. Ces dernières devant symboliser la réunion de l’Autriche, de l’Espagne et de la France.
C’est à Schönbrunn en Autriche, le 15 août 1809, que l’Empereur promulguait les lettres patentes constituant l’Ordre impérial des Trois Toisons d’Or. Mais ce nouvel Ordre était pratiquement « mort-né ». Aucune nomination n’ayant été faite depuis sa création, l’Empereur prononcera de Dresde, le 27 septembre 1813, sa dissolution et la réunion de tous ses biens à la Légion d’honneur. La forte réticence de l’armée, ainsi que la désapprobation des membres de la Légion d’honneur, se sentant en disgrâce en craignant que leur décoration ne fut dévalorisée, avaient eu raison de la volonté de Napoléon.
Voici ce qu’aurait dû être cet Ordre impérial, dont le comte Bernard de Lacepède fut nommé provisoirement Grand-chancelier ; l’Empereur étant le Grand-maître. Le 14 octobre 1810, le général Andréossy recevait définitivement la charge de Grand-chancelier et le comte Schimmelpenning celle de Grand-trésorier.

Certains domaines pris dans les états de Rome et les mines d’Idria constituaient les biens de cet Ordre qui aurait dû se composer de 1 000 Chevaliers, 400 Commandeurs et 100 Grands chevaliers. Les titulaires devaient percevoir une rente : 1 000 francs pour les Chevaliers, 4 000 francs pour les Commandeurs.
Exception faite des princes de sang, des grands dignitaires de l’Empire, du président du Sénat, des ministres chargés d’un département après 10 ans d’exercice et des ministres d’État après 20 ans d’exercice, l’Ordre ne devait être attribué qu’en période de guerre aux soldats les plus méritants ; certains de ceux-ci étant proposés par élection au sein de leur régiment. Une lettre du général Compans, datée du 29 septembre 1809, en explique le principe : « Le général réunira les colonels et les chefs de bataillon et leur fera faire séparément la présentation d’un capitaine, d’un lieutenant, d’un sous-lieutenant pour Commandeur et d’un sous-officier ou soldat pour Chevalier. Ces présentations seront faites secrètement et cachetées par les colonels et les chefs de bataillon et adressées directement au Grand chancelier. Le général de son côté effectuera une semblable proposition sans communiquer, sur le choix, avec les colonels et les chefs de bataillon et l’enverra cacheté au Grand chancelier. »
Les aigles surmontant les drapeaux et étendards des régiments qui avaient participé aux huit plus grandes batailles, d’Ulm à Wagram, devaient aussi en être décorés.

Un uniforme devait être porté par les membres de l’Ordre des Trois Toisons d’Or. Déterminé par l'Empereur, cet uniforme était le suivant : « Habit français coupé droit, couleur chamois, brodé en or, avec culotte pareille et bottines de forme ancienne de maroquin rouge garnies d'éperons d'or, épée en dague portée droite avec un ceinturon ; cuirasse en or, devant et derrière, entourée d'acier bleu avec ornements de chêne, de laurier et d'olivier, la garniture en velours à la couleur du ruban de l'Ordre ( ponceau liseré d'or ) ; le casque d'une forme simple, fond d'or, avec les ornements en acier. Les novices ne porteraient la cuirasse qu'après avoir reçu l'Ordre des mains du Grand maître. »

Enfin, il semble intéressant de citer cet extrait du livre "Mémoires pour servir à l'Histoire de France sous le gouvernement de Napoléon Buonaparte et pendant l'absence de la Maison de Bourbon", par J.-B. Salgues, Tome 8, 1826 : « Un des décrets les plus remarquables de cette époque fut la création d'un ordre des trois Toisons-d'Or. On sait que la première institution de ce nom dut son origine à la galanterie d'un duc de Bourgogne qui voulut rendre un hommage public aux charmes les plus secrets de sa maîtresse. Cette seule circonstance devoit le faire mépriser ; mais tel est en général l'abaissement des hommes devant le pouvoir et l'oubli de toute dignité parmi ceux qu'on appelle courtisans, que cet ordre, comme celui de la Jarretière, devint un objet d'envie pour les plus grands seigneurs, et qu'il fut distribué avec une extrême réserve, pour lui donner par sa rareté un éclat qu'il ne pouvoit tenir de sa naissance. Buonaparte, enivré de ses nouveaux succès, fier d'avoir occupé successivement les capitales de ses ennemis, Vienne, Berlin, Madrid, se comparant aux héros grecs qui avoient bravé des périls inconnus jusqu'à eux pour ravir la fameuse toison d'or, voulut faire oublier l'œuvre du duc de Bourgogne par une institution d'un tout autre prix. Le jour même consacré à la célébration de sa fête, il annonça comme une conception monumentale l'établissement de l'ordre des trois Toisons-d'Or ; il le composa de cent grand'croix, quatre cents commandeurs, et mille chevaliers seulement : ces derniers devoient prêter le serment de mourir sous leurs drapeaux, à quelques grades ou dignités qu'ils pussent être élevés. Il s'en déclara lui-même le grand-maître ; mais il n'accomplît pas le serment des chevaliers, quoique bientôt la fortune lui en présentât deux mémorables et solennelles occasions. La médaille de l'ordre portoit sur l'une de ses faces : Vienne, Berlin, Madrid, inscription insultante pour trois grandes nations. Il en nomma chancelier le général Andréossy. Loin de satisfaire l'armée, cette institution n'y produisit que des murmures. Ceux qui portoient la décoration de la Légion-d'Honneur, n'y voyoient que l'abaissement de cet ordre vraiment national : la nouvelle création ne parut à leurs yeux qu'un monument d'orgueil et de féodalité. Buonaparte, qui craignoit la discorde dans son camp, s'arrêta ; et comme s'il eût pressenti que les souverains de Vienne et de Berlin devoient un jour entrer à Paris, il renonça à l'affront qu'il s'étoit proposé de leur faire, et s'empressa d'étouffer cette production mal conçue dès son berceau. »

 

 

 

BÉNÉFICIAIRES

 

 

L’Ordre impérial des Trois Toisons d’Or devait récompenser :

  – les soldats les plus méritants, ayant reçu au combat trois blessures au moins ;

  – les drapeaux et étendards des régiments ayant participé aux huit plus grandes batailles d’Ulm à Wagram ;

  – les princes de sang de l’Empire ;

  – les grands dignitaires de l’Empire ;

  – le président du Sénat ;

  – les ministres chargés d’un département après 10 ans d’exercice ;

  – les ministres d’État après 20 ans d’exercice.

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES

 

 

RUBANS

 

 

Rouge avec de chaque côté, deux raies dorées à 2 mm du bord.
Pour rappel, les Chevaliers des deux branches de l’Ordre de la Toison d’Or, portent en tenue de cérémonie leur insigne suspendu à un collier en vermeil ou en or, et en tenue de ville le portent en sautoir suspendu à un ruban de couleur rouge vif.

 

 

INSIGNES

 

 

ORDRE DE LA TOISON D’OR

 

 

Branche Espagnole

Insigne constitué d'une dépouille de bélier suspendue par le corps à un motif central comportant une pierre bleue de laquelle partent de chaque côté des flammes en émail orange. L’ensemble est surmonté par motif ornemental en or et émail bleu, comportant deux briquets stylisés et une petite rosette en émail rouge.

 

Branche Autrichienne

Insigne constitué d'une dépouille de bélier suspendue par le corps à un motif central comportant une pierre bleue de laquelle partent de chaque côté des flammes en émail orange. L’ensemble est surmonté par un large écusson portant en partie inférieure une plaque gravée représentant un combat allégorique contre un dragon. La plaque est surmontée par la devise  PRETIUM  LABORUM  NON  VILE  sur l’avers et  NON  ALIUD  sur le revers.

 

 

ORDRE DES TROIS TOISONS D’OR

 

 

Le baron Lejeune avait réalisé un dessin de l’insigne selon les desiderata de Napoléon, qui stipulait : « sera mon aigle aux ailes déployées, tenant suspendue dans chacune de ses serres une des toisons antiques qu’elle a enlevées et elle montrera fièrement en l’air, dans son bec, la toison que j’institue. »

Si plusieurs médaillistes et joailliers réalisèrent des modèles ; c’est celui du fabricant Coudray qui fut choisi par le Conseil d’administration de l’Ordre et présenté à l’Empereur.

Rappelant dans ses grandes lignes le pendentif de l’Ordre de la Toison d’Or ; c’était un insigne double face en or représentant trois dépouilles de bélier suspendues à un motif central comportant une pierre bleue de laquelle partaient de chaque côté des étincelles orangées. Ce motif était surmonté par un aigle couronné et aux ailes déployées.

 

 

 


 

 

 

TEXTES OFFICIELS

( Liste non exhaustive )

Source :
Bibliothèque nationale de France

 

 

LETTRES PATENTES du 15 août 1809
portant création de l'Ordre des Trois Toisons d'Or

Source : Carnet de la Sabretache - Année 1907 - Page 603

 

 

Extrait des minutes de la secrétairerie d'État.

En notre camp impérial de Schönbrunn, le 15 août 1809.

Napoléon, par la grâce de Dieu et par les Constitutions, Empereur des Français, Roi d'Italie et Protecteur de la Confédération du Rhin, &c.
Voulant donner à notre Grande Armée une preuve toute particulière de notre satisfaction, nous avons résolu de créer, comme nous créons, par les présentes Lettres patentes, un Ordre qui portera le nom d'Ordre des Trois Toisons d'Or.

 

 

TITRE I

 

 

Art. 1er. — L'Ordre des Trois Toisons d'Or sera composé, au maximum, de cent Grands Chevaliers, de quatre cents Commandeurs et de mille Chevaliers. En aucun temps, ce nombre ne pourra être dépassé.
Il ne sera fait aucune nomination en temps de paix jusqu'à ce que le nombre fixé par le présent article, soit pour les Grands Chevaliers, soit pour les Commandeurs, soit pour les Chevaliers, se trouve réduit à la moitié.

Art. 2. — Les Grands Chevaliers seuls porteront la décoration de l'Ordre en sautoir ; les Commandeurs et les Chevaliers la porteront à la boutonnière, les uns et les autres conformément au modèle ci-joint.

 

 

TITRE II

 

 

Art. 3. — L'Empereur est Grand Maître de l'Ordre des Trois Toisons d'Or.
Le Prince impérial, seul, a de droit la décoration de cet ordre en naissant.
Les Princes du sang ne peuvent la recevoir qu'après avoir fait une campagne de guerre, ou avoir servi pendant deux ans, soit dans un camp, soit dans nos garnisons.
Les Grands Dignitaires peuvent en être décorés.
Peuvent également être admis dans l'Ordre des Trois Toisons d'Or :
Nos Ministres ayant département, lorsqu'ils ont conservé le portefeuille pendant dix ans sans interruption ;
Nos Ministres d'État, après vingt ans d'exercice, si pendant cet espace de temps, ils ont été appelés, au moins une fois chaque année, au Conseil privé ;
Les présidents du Sénat, lorsqu'ils ont présidé le Sénat pendant trois années ;
Les descendants directs des Maréchaux, qui ont commandé les corps de la Grande Armée dans ces dernières campagnes, lorsqu'ils auront atteint leur majorité et qu'ils se seront distingués dans la carrière qu'ils auront embrassée.

Art. 4. — Aucune autre personne que celles ci-dessus désignées ne peut être admise dans l'Ordre des Trois Toisons d'Or, si elle n'a fait la guerre et reçu trois blessures dans des actions différentes.
Nous nous réservons toutefois d'admettre dans l'Ordre des Trois Toisons d'Or des militaires qui, n'ayant pas reçu trois blessures, se seraient distingués, soit en défendant leur aigle, soit en arrivant des premiers sur la brèche, soit en passant les premiers sur un pont, ou qui auraient fait toute autre action d'éclat constatée.

Art. 5. — Pour être Grand Chevalier, il faut avoir commandé en chef, soit dans une bataille rangée, soit dans un siège, soit un Corps d'Armée dans une Armée impériale dite Grande Armée.

 

 

TITRE III

 

 

Art. 6. — Les Aigles des Régiments dont l'État est ci-joint, et qui ont assisté aux grandes batailles de la Grande Armée, seront décorées de l'Ordre des Trois Toisons d'Or.

Art. 7. — Chacun de ces régiments aura le droit qui se transmettra jusqu'à la postérité la plus reculée, d'avoir un capitaine, lieutenant ou sous-lieutenant Commandeur, et, dans chacun de ses bataillons qui étaient à l'Armée, un sous-officier ou soldat Chevalier.

Art. 8. — La décoration de Commandeur sera donnée à celui des capitaines, lieutenants ou sous-lieutenants qui sera désigné comme le plus brave de tous les officiers des dits grades dans le régiment.
La décoration de Chevalier sera donnée au sous-officier ou soldat qui sera désigné comme le plus brave de tout le bataillon pour l'infanterie, ou de tout le régiment pour la cavalerie.
La nomination des Commandeurs ou Chevaliers des régiments sera faite par l'Empereur, sur la présentation secrète qui sera adressée cachetée par le Colonel et, concurremment par chacun des chefs de bataillon, pour les régiments d'infanterie, au Grand Chancelier de l'Ordre. L'empereur prononcera sur ces présentations à la réunion générale des Grands Chevaliers de l'Ordre.

Art. 9. — La réunion générale des Grands Chevaliers aura lieu chaque année, le 15 août, jour où toutes les promotions de l'Ordre seront publiées.

Art. 10. — Les Commandeurs et Chevaliers des régiments continueront leur avancement dans leur régiment et ne pourront plus le quitter, devant mourir sous les drapeaux.

 

 

TITRE IV

 

 

Art. 11. — La pension de Commandeur des régiments sera de 4,000 francs, et celle des Chevaliers des régiments de 1,000 francs à prendre sur les revenus de l'Ordre.

Art. 12. — Nous nous réservons de pourvoir d'ici au 15 août prochain à l'organisation de l'Ordre par des statuts particuliers.

Napoléon.

Par l'Empereur :
Le Ministre Secrétaire d'État, Hugues Maret.

 

 

 


 

 

 

DÉCRET impérial du 14 octobre 1810
qui nomme le Comte Andréossi Grand-Chancelier de l'ordre des Trois-Toisons

Bulletin des lois - 1810 - N° 320 - Page 327

 

 

Au palais de Fontainebleau, le 14 octobre 1810.

Napoléon, Empereur des Français, Roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la Confédération Suisse,

Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Le comte Andréossi, président de notre section de la guerre est nommé grand-chancelier de l'ordre des Trois-Toisons.

Napoléon.

Par l'Empereur :
Le Ministre Secrétaire d'État, H.B. Duc de Bassano.

 

 

 


 

 

 

DÉCRET impérial du 14 octobre 1810
qui nomme M. Schimmelpenning Grand-Trésorier de l'ordre des Trois-Toisons

Bulletin des lois - 1810 - N° 320 - Page 328

 

 

Au palais de Fontainebleau, le 14 octobre 1810.

Napoléon, Empereur des Français, Roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la Confédération Suisse,

Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Le S.r Schimmelpenning est nommé grand-trésorier de l'ordre des Trois-Toisons.

Napoléon.

Par l'Empereur :
Le Ministre Secrétaire d'État, H.B. Duc de Bassano.

 

 

 


 

 

 

DÉCRET impérial du 27 septembre 1813
Source : Carnet de la Sabretache - Année 1907 - Page 610

 

 

Au Quartier impérial de Dresde, le 27 septembre 1813.

Napoléon, Empereur des Français, Roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la Confédération Suisse, &c. &c. &c.

Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Art. 1er. — L'Ordre des Trois Toisons d'Or, créé par nos Lettres patentes du 15 août 1809, est réuni à la Légion d'honneur.

Art. 2. — A cet effet, les fonctions de Grand Chancelier et de Grand Trésorier de l'Ordre des Trois Toisons d'Or sont réunies à celles du Grand Chancelier et du Grand Trésorier de la Légion d'honneur, qui les rempliront cumulativement.

Art. 3. — Les attributions de l'Ordre des Trois Toisons seront affectées à la Légion d'honneur, en conséquence d'un règlement qui nous sera présenté par notre Grand Chancelier de la Légion d'honneur.

Art. 4. — Tous les biens appartenant à l'Ordre des Trois Toisons d'Or seront remis à la Légion d'honneur.

Art. 5. — La Légion d'honneur en prendra possession sans délai, ainsi que des fonds existant dans les caisses du Trésor de l'Ordre des Trois Toisons, des arrérages, des créances et généralement de tous les biens et redevances appartenant au dit Ordre.

Art. 6. — Nos Grands Chanceliers et nos Grands Trésoriers de la Légion d'honneur et de l'Ordre des Trois Toisons d'Or sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.

Napoléon.

 

 

 

 

 


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